mardi 5 février 2008

OGM : Avoir le sens de la formule

«La liberté de cultiver des OGM destinés à l’alimentation ou de ne pas le faire est garantie.» Traduction: « OU tu plantes des OGM, OU tu n’en plantes pas ».
Cette « traduction » faite par un lecteur de Libé dans les commentaires du journal en ligne, est celle du projet de loi sur les OGM présenté en première lecture au Sénat ce mardi.
En effet, depuis le lointain Grenelle, en octobre 2007, les associations de protection de l’environnement avaient été ravies de découvrir le texte : « «Libre choix de produire et de consommer sans OGM» qui devait être l’article 1 de la loi sur les OGM.
Depuis le Grenelle, le président de la république, Nicolas Sarkosy, a appuyé les positions de Michel Barnier, ministre de l’agriculture, plutôt que les propos de Jean Louis Borlo, ministre de l'écologie, du développement et de l'aménagement durables, plutôt défavorable aux OGM.
Le texte évoque donc la «liberté de cultiver avec ou sans OGM». Cette nouvelle formule faisait apparaître la possibilité d’une coexistence entre les deux modes de culture, alors que les conclusions du Grenelle ne l’évoquait pas. Pourtant cette formulation continuait de gêner (on le comprend) ceux qui veulent mettre des OGM partout. En effet, la « liberté de produire sans », pouvant conduire à des procès pour contamination. Jean Bizet, Sénateur UMP, et patron du groupe de travail sur les OGM au Sénat a donc déposé un amendement pour que la phrase soit modifiée. Ce nouveau texte serait le suivant «La liberté de cultiver des OGM destinés à l’alimentation ou de ne pas le faire est garantie.». Magie de la formule : aucune loi ne protègera les petits producteurs bio. Comme le fait remarquer le sénateur vert Jacques Muller, rare représentant du camp adverse dans le groupe de travail sur les OGM : « Quand on crée une loi, c’est pour protéger les faibles. Dans ce débat sur les OGM, le texte a dérivé pour arriver à un « droit de polluer ». C’est très grave »

3 commentaires:

tête de linote (petitboss) a dit…

joli petit papier très clair sur un sujet on ne peut plus complexe ! Bon, sur le fond, il fallait être naïf (un peu) pour considérer que le Grenelle de l'environnement pouvait être autre chose qu'un peu de vent pour faire fonctionner les éoliennes de la crédulité :P

EC a dit…

Oui, tu as raison, mais je salue la ténacité des gens (industriels, ONG, associations, politiques) qui se sont assis autour de la table pendant trois longs mois pour débattre ensemble. Cela n'avait jamais été fait! Certes, on ne pouvait pas en attendre beaucoup plus, mais il y a déjà un pas de fait dans la compréhension des enjeux. Cela dit, ce qui se passe au Sénat en ce moment est assez effarant : ils détricotent à fond les ballons!Je me demande comment cela va se terminer...

Anonyme a dit…

Parler est très grande spécialité française. C'est une des rares exceptions qui nous reste, faut pas abuser non plus!...