samedi 2 février 2008

Calle Angulo, n° uno (premier épisode)

En janvier, froid sec du matin, brouhaha décent de la ville un peu plus loin, occultée par les immeubles. La lumière tombe oblique sur les pavés de la rue, de cette rue, parallèle à deux ou trois autres du même acabit qui relient plus ou moins, selon leur bon vouloir, la plaza de los lobos, la place des Loups, à la plaza de la Trinitad. Tout un programme. Presque au coin de la rue avec la place des loups, la pension où j’ai élu domicile pour quelques dizaines d’heures, à l’autre extrémité à proximité de la place de la Trinité, l’hôtel de la Reine Christine, nommé ainsi - selon les serveurs du bar - parce que la fille de la patronne s’appelait Christina, fait luir ses étoiles dans la demi pénombre de la matinée. Le soleil peine à se faufiler dans ces rues courtes et encaissées mais propres à permettre de marcher toujours à l’ombre malgré la chaleur de midi en été. C’est ici, dans cette rue qui compte également un bar, un imprimeur, des immeubles d’habitation ainsi que, juste en face, une boutique discrète d’effets religieux, dans cette rue qu’il est sorti entre ses bourreaux, ayant déjà compris vraisemblablement, à la fin du mois d’août 1936. Ce n’était pas une année comme une autre, l’europe bruissait déjà vivement du choc entre les forces réactionnaires déjà ancrées dans une féodalité moderne du capitalisme anglo-saxon mâtinée de nationalisme et celles, communistes, qui prônaient alors le progrès partagé et le paradis sur Terre. L’Europe bruissait, s’échauffait, mais l’Espagne, elle, déjà pleurait ses morts en se déchirant.

(à suivre)

2 commentaires:

marina a dit…

Salut Petit Boss,

Un début de papier prometteur. Tu nous fait bien sentir l'ambiance des lieux. Cela donne envie d'en savoir un peu plus. Combien de reportages as-tu programmés?

tête de linote (petitboss) a dit…

merci. je ne sais pas trop combien de temps je vais nourrir le blog avec cette petite aventure… mais à vue de nez, si l'inspiration est là et que j'ai le temps de finir tous les bouquins que j'ai acheté là bas… ça devrait tenir jusqu'en… juin :D je blague.