vendredi 22 février 2008

Kosovo : indépendance J-9


La route principale qui mène de Gracanica à Pristina surplombe la ville. Une brume grisâtre recouvre la cité, devenue ces dix dernières années un pôle stratégique des Balkans. Entre une foule de bâtiments en construction, la pointe d'un minaret se profile. La ville est en pleine expansion. En périphérie se multiplient les centre commerciaux, les concessionnaires de voitures (marques allemandes surtout). Le salaire moyen n'est pourtant ici que de 200 euros par mois. Plus de la moitié de la population est sans emploi. 90% des Serbes. Mais l'omniprésence depuis 1999 des équipes internationales (ONU et OTAN) a changé la donne pour certains. Ceux qui ont la chance de parler anglais et de travailler pour les instances étrangères s'en sortent plutôt mieux. 
Lettres capitales rouges sur fond blanc, un grand panneau publicitaire clame en anglais "INDEPENDANCE nous sommes prêts". L'aigle albanais à double têtes apparaît en arrière-plan. Il semble que l'hôtel Afa ait anticipé les événements. Pas de précision encore sur la date de proclamation d'indépendance. Le Premier Ministre Hashim Thaci répète, depuis sa nomination en novembre dernier, que le Kosovo sera indépendant en 2008. "Les élections présidentielles en Serbie n'y changeront rien." Poussé par une population à 90% albanaise qui a de bonnes raisons de s'impatienter, l'ancien leader de l'UCK (armée de libération du Kosovo) se veut l'homme d'un Kosovo indépendant. "C'est une question de jours…" disait-il à la veille du scrutin serbe. Dans un café saturé de fumée - la loi antitabac n'est pas encore passée par-là - on commente avec sarcasmes les derniers exploits de Vojislav Kustunica. Le très conservateur premier ministre de Serbie vient de refuser de signer l'accord pour l'entrée de son pays dans l'Union Européenne. La fierté serbe n'a pas de limite, semble-t-il.

(à suivre)

3 commentaires:

EC a dit…

whaouuu, on s'y croit. C'est géant, on y est. C'est chouette.

Anonyme a dit…

C'est une excellente idée cette série de reportages. Comme l'a écrit Estelle, on s'y croit vraiment. C'est pleins d'infos. Cela permet d'avoir une meilleure idée de ce qui se passe vraiment.

Alex d'Aix a dit…

Euh, merci les filles.
C'est plutôt un carnet de route que je vous fais partager. Tant mieux s'il apporte un semblant d'éclairage sur cette région ultra complexe.