Sous le ciel d'hiver, la campagne kosovare a triste allure. Des guirlandes de sacs plastique décolorés s'accrochent dans les arbres et jonchent les lits des ruisseaux. A l'abandon, des épaves de voitures rouillent lentement mais sûrement. De multiples décharges exhibent à ciel ouvert les souillures d'une société de consommation qui n'a pas encore accès au recyclage. Sans accotement et coupées par des chemins de terre, les routes sont irrémédiablement boueuses. Les voitures sont toutes recouvertes d'une couche opaque. Chaque bourgade possède ses laveurs de voitures. Pour 1 à 2 euros, ils passent votre carrosserie au karcher puis l'essuient au chiffon. Un boulot rude, du matin au soir dans le froid, le vent et l'humidité… un boulot précieux qui rapporte une dizaine d'euros par jour.
Au sud de Mitrovica, l'espace rural est jalonné de fermes et de petits cimetières musulmans. Des panneaux publicitaires vantent - ou vendent - une vie idéale avec mariage, crédit et voiture de luxe… Ici, les Albanais reconstruisent à tour de bras. Même en plein champs, de gigantesques maisons en briques s'élèvent un peu partout. Des habitations de deux à trois étages, avec de grandes baies vitrées et des terrasses surélevées. Le style est plus fonctionnel qu'élégant. Les quelque 200 à 250 m2 habitables doivent accueillir deux à trois générations d'une même famille. On dit que les Kosovars n'auraient pas confiance dans leurs banques et investiraient tout ce qu'ils possèdent dans leur maison. Les Serbes ne reconstruisent pas ici. 200.000 ont fui le Kosovo depuis 1999. Ceux qui restent vivent reclus dans les enclaves et tremblent d'en sortir.
(à suivre)
1 commentaire:
bravo bravo, je fais jsute surface, mais je suis fier de vous et de ce que vous faîtes :p
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