La condamnation est tombée : 12.000€ pour le grainetier Baumaux et 23.000€ pour l’Etat et la fédération des industriels de la semence (FNPSPF). Kokopelli, qui tire son nom d’un dieu amérindien, est une association regroupant une dizaine de producteurs de semences anciennes et oubliées, non inscrites au catalogue officiel. Alors que 95% des variétés potagères ont disparu depuis le début du 20ème siècle, Kokopelli s’acharne à conserver une biodiversité de goûts, de formes et de saveurs inestimable. N’ayant pas le droit de vendre ces variétés anciennes, Kokopelli a décidé d’en offrir à ces membres, avec pour seule obligation de faire pousser la variété et de récolter ensuite de nouvelles graines. Or, en France, même le don de graines est illégal. Face à eux, quelques multinationales, qui se sont données pour mission d’éradiquer les savoirs alternatifs afin de garder le monopole sur les semences. Malgré les effets d’annonce du gouvernement (quelques jours après la condamnation de Kokopelli, alors que des centaines de messages affluaient de toute la France en soutien à l’association, Nathalie Kosciusko-Morizet, sécrétaire d'Etat chargée de l'écologie, a annoncé sur France Inter qu’elle ne laisserait pas l’association tomber) ils devront bien payer cette amende, et toutes celles qui suivront, car ils continueront à donner à leur membres des graines anciennes.
Pendant ce temps, en Norvège, on inaugure à grand frais une « Arche de Noé des semences », pour conserver dans le permafrost les graines qui nous servirons dans le futur. Mais lorsque les OGM auront contaminé tous les champs, qui aura les moyens d’aller chercher des graines dans cette arche ? Sûrement pas le jardinier amateur, mais bien quelques multinationales privilégiées.
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